5 septembre 2026
Cinq enseignements, cinq manuels, et une table que personne n'avait ouverte
RideComposer proposait des montées dans des cours qui les interdisent — et son propre contrôleur validait l'erreur, parce qu'il lisait la même table. Nous avons repris la théorie manuel en main, enseignement par enseignement.
Un Quick Ride Endurance en Spinning® proposait des montées. Le même logiciel, quelques secondes plus tard, signalait ces montées comme interdites en Endurance.
Les deux affirmations venaient du même fichier. C'est par là qu'il faut commencer.
Un contrôleur qui lit la copie de l'élève
Depuis début septembre, RideComposer sait vérifier un ride construit à la main : ce morceau a-t-il sa place dans cette zone ? cette technique est-elle jouable à cette cadence ? Il ne bloque rien, il signale.
Pour signaler, il lui faut une référence. Il lit une table qui associe, pour chaque enseignement et chaque type de cours, les techniques autorisées zone par zone. C'est la même table qui sert au Quick Ride pour générer un cours.
C'est propre sur le principe : ce que l'application propose et ce qu'elle contrôle ne peuvent pas diverger. Mais cela suppose que la table soit juste. Et cette table-là, nous ne l'avions jamais confrontée aux manuels. Elle avait été reprise telle quelle d'une version antérieure du logiciel, transmise de version en version, et elle portait même, en commentaire, la mention rassurante « tableau validé terrain ». Elle ne l'avait pas été.
Un contrôleur qui hérite de l'erreur qu'il est censé détecter ne se contente pas de la laisser passer : il la certifie. C'est le défaut le plus désagréable de toute cette affaire, et c'est celui qu'on ne voit qu'en ouvrant les livres.
Nous avons ouvert les livres
Nous avons donc repris la théorie, enseignement par enseignement, chaque manuel à côté du clavier. Voici ce que chacun a donné.
Spinning® — Manuel de l'instructeur, Johnny G, chapitre des zones d'énergie, pages 3.09 à 3.19. La table était fausse à plusieurs endroits. L'Endurance admet les montées, ce que nous interdisions. Le Jour J, lui, perd la course debout et les sprints : le manuel écrit noir sur blanc « pas d'accélérations de pédalage ». Et les Jumps on Hill quittent l'Endurance pour l'Intervalle, seul cours où le saut est autorisé.
Schwinn® — cahier de théorie, § 4.4, pages 55 et 60 à 63. Bonne surprise : les huit listes de techniques correspondaient mot pour mot à leur manuel. Un seul écart, sur un chiffre affiché à l'instructeur : la fréquence cardiaque de la classe Hill, qui est désormais celle du cahier.
Globe Cycling et BICA — manuel BICA, page 38 pour le résumé des techniques, puis le chapitre des cours, parcours par parcours. Les sept cours ont été repris ligne à ligne. La Combinaison rejoint le Highland et le Summit, que le manuel montre bien ; le Running y prend aussi sa place ; et les deux flexions propres à BICA sont ramenées aux deux seuls cours dont le manuel les montre, l'Interval et le Fartlek. Chaque plage de fréquence cardiaque affichée est désormais celle du manuel, page à l'appui.
Free Ride — l'enseignement libre, destiné aux animateurs non certifiés, reprend la grille de BICA. Il bénéficie donc du même passage en revue.
Le choix que nous n'avons pas fait : harmoniser
En posant les cinq théories côte à côte, la tentation est immédiate. Elles se contredisent. Le plafond de cadence n'est pas le même partout : la plupart des enseignements s'arrêtent à 110 tours par minute, le Spinning autorise plus haut, et son syllabus ne fixe tout simplement aucune borne pour certaines techniques. On pourrait choisir une valeur moyenne, la déclarer raisonnable, et n'avoir plus qu'une règle à maintenir.
Nous avons fait l'inverse, et c'est une décision de conception qu'il faut assumer publiquement : chaque enseignement applique son manuel, et rien d'autre. Il n'y a plus aucune valeur de repli commune. Si vous choisissez Spinning, vous obtenez les règles Spinning ; si vous choisissez BICA, celles de BICA — y compris là où elles se contredisent.
La raison est simple. Les théories Spinning et Schwinn ont vingt-cinq ans d'usage derrière elles ; celles de Globe et de BICA sont récentes. Ce n'est pas à un logiciel de trancher entre elles. Un instructeur certifié qui choisit son enseignement dans RideComposer choisit d'appliquer sa formation, celle sur laquelle il sera jugé et celle qu'il a payée. Lui servir une moyenne, ce serait lui faire enseigner quelque chose que personne n'enseigne.
Concrètement : chaque enseignement a désormais sa propre table de plafonds, alimentée par son propre document. Au passage, une valeur manquait chez Globe et BICA — le sprint à plat, plafonné à 100 tours par minute par leur manuel officiel.
Ce qui se voyait le plus sur le vélo
Deux défauts trouvés dans la foulée touchaient directement le ride que vous récupérez.
Le corps de séance ne respectait pas sa propre plage de cadence. Une zone qui annonce « 60 à 80 RPM » recevait des morceaux à 84 et 86. Nous avons corrigé la sélection principale — et le défaut a persisté. Il y avait une seconde porte : la passe qui complète un ride trop court jusqu'à la durée visée ne filtrait que sur l'intensité, et comme elle prend le morceau le plus long qui rentre encore, elle ramenait tranquillement de la montagne dans un corps de plat. Les deux portes sont fermées, et un test compte désormais les endroits du code capables d'ajouter un morceau, pour qu'une troisième n'apparaisse pas sans qu'on le sache.
Un cours de récupération se générait sans échauffement du tout — ni Warm Up, ni Cool Down. C'était écrit et assumé dans le code : un cours entièrement en récupération est déjà un échauffement. Vu sur l'écran, l'argument ne tient pas trente secondes. Un corps de séance reste un corps de séance : on ne le commence pas à froid et on ne le quitte pas sans redescendre. La récupération a maintenant cinq minutes d'échauffement, et un test balaie les dix-sept types de cours pour vérifier qu'aucun ne peut retomber à zéro.
Dernier point, plus léger : le Quick Ride ne mélangeait pas vraiment ses morceaux. Il restituait à peu de choses près l'ordre de la bibliothèque, ce qui donnait des cours étonnamment semblables d'un tirage à l'autre. Il tire désormais au hasard pour de bon.
Ce que ça vaut
Chaque table est maintenant sourcée dans le code : chaque zone de chaque cours cite la page et la phrase du manuel dont elle sort. Et chaque manuel a son test, qui fige la théorie écrite et échoue si quelqu'un la modifie sans ouvrir le livre.
La batterie de tests de RideComposer est passée de 299 à 492 au cours de ce chantier. Ce n'est pas un chiffre de communication : c'est le nombre de règles que le logiciel ne peut plus perdre en silence, comme il avait perdu celles-ci.
Tout est dans la version 1.3.0.
Si une règle affichée par RideComposer ne correspond pas à ce que dit votre manuel, écrivez-nous — avec la page. C'est la meilleure façon de nous faire ouvrir un livre que nous n'avions pas ouvert.